Bacs potagers surélevés pour légumes : de nombreux avantages

Les avantages du bac potager surélevé pour les légumes
Cultiver des légumes dans un bac potager surélevé offre de nombreux bénéfices, à condition qu’il soit correctement aménagé. Ces avantages découlent principalement de la chaleur générée par le processus de décomposition des matériaux à l’intérieur du bac et de sa position surélevée.
Avantages clés
- Hauteur de travail confortable : Réduit la fatigue physique lors du jardinage.
- Rendements améliorés : Permet d’obtenir des récoltes plus abondantes et plus longues sur une surface réduite.
- Protection contre les nuisibles : Éloigne efficacement les ravageurs terrestres tels que les rats et les campagnols.
Conditions de réussite
Pour profiter pleinement de ces avantages, un bac potager surélevé doit remplir certaines conditions :
- Contact avec le sol : Les bacs doivent être en contact direct avec la terre. Les cuves fermées ou les structures sur pieds ne sont pas idéales car elles empêchent l’échange avec les organismes du sol.
- Stratification des matériaux : L’intérieur du bac doit être rempli de différentes couches de matériaux organiques et biodégradables. Ces couches assurent le drainage, l’isolation, favorisent la compostage, fournissent des nutriments et repoussent les nuisibles. La décomposition génère de la chaleur et des nutriments essentiels.
- Orientation : Idéalement, l’axe longitudinal du bac devrait être orienté Nord-Sud pour maximiser l’exposition au soleil.
- Protection contre le vent : Une haie ou un mur situé à quelques mètres au nord du bac peut servir de brise-vent pour protéger les cultures des vents froids.
Construction et remplissage
Un bac potager simple peut être construit avec des planches de bois et quatre poteaux. La hauteur de travail devrait être comprise entre 70 et 100 cm, et la largeur ne pas dépasser 120 cm pour faciliter l’accès à toutes les parties du bac. La longueur est adaptable.
Le meilleur moment pour construire un bac est après la taille des arbres et des haies en début d’hiver, car les branches, brindilles et feuilles constituent une excellente matière de remplissage. Les restes de tonte de gazon sont également utiles.
Pour un bac de dimensions 200 x 120 cm, construit sans produits chimiques nocifs, voici le matériel nécessaire :
Matériel de construction
- Pelles
- Gros maillet en caoutchouc ou une grosse pierre
- Agrafeuse ou petites agrafes et un marteau
- Planches de bois non traitées (ex: planches de coffrage), de 200 ou 120 cm de long. La quantité dépend de la largeur des planches et de la hauteur souhaitée.
- Quatre poteaux en bois, environ 25 cm plus longs que la hauteur finale du bac.
- Grillage à lapin couvrant la surface du bac, avec un surplus de 10 cm sur les bords.
- Vis et tournevis ou visseuse.
Matériaux de remplissage
- Feuilles mortes
- Branches épaisses, petits troncs et brindilles
- Mottes de gazon
- Terre de jardin
- Compost (différents stades de maturité)
Les couches essentielles sont le bois pour le drainage, la terre et le compost. En l’absence de certains matériaux, il est possible de substituer. Par exemple, du fumier de cheval, de la paille et des mauvaises herbes arrachées peuvent être utilisés.
Étapes de construction et de remplissage
- Préparation du terrain : Creuser une fosse de 2 x 1,2 mètres sur environ 20 cm de profondeur pour assurer un bon contact avec le sol. Si le bac est placé sur une pelouse, les mottes de gazon peuvent être retirées avec soin et mises de côté.
- Assemblage des côtés : Positionner les poteaux dans la fosse (enfoncés d’environ 20 cm avec le maillet ou la pierre) et fixer les planches à l’extérieur. Alternativement, assembler les côtés à plat puis placer le bac dans la fosse. Fixer le grillage à lapin au fond du bac en remontant les bords sur les parois intérieures, agrafé ou cloué. Cela empêche les rongeurs tout en permettant l’accès aux organismes bénéfiques.
- Premières couches de remplissage : Installer une couche de feuilles mortes (environ 5 cm), suivie d’une couche de branches et de brindilles (jusqu’à 30 cm). Des troncs de petite taille (jusqu’à 15 cm de diamètre) peuvent aussi être utilisés. Compléter avec de la terre de jardin et arroser pour que la terre pénètre dans tous les interstices. Ajouter ensuite une couche de feuilles mortes (environ 20 cm), puis les mottes de gazon (face gazon vers le bas).
- Couches intermédiaires et supérieures : Placer une couche de compost partiellement décomposé (environ 15 cm). Il est possible de compléter avec de la terre, du fumier bien décomposé, et des matières riches en azote (comme des poils d’animaux).
- Couche finale : Terminer avec au moins 15 cm de terre de jardin mélangée à du compost mûr ou de l’humus. Le bac est prêt à être planté.
Entretien et durabilité
La construction et le remplissage d’un bac peuvent prendre 4 à 6 heures pour un premier essai, mais l’efficacité augmente avec la pratique. Les récoltes supérieures et l’économie sur l’élimination des déchets verts compensent cet investissement en temps.
Un bac en bois non traité aura une durée de vie plus courte qu’un bac en bois traité, en rondins, en métal, en pierre ou en plastique. Pour prolonger la durée de vie du bois, une doublure en film plastique peut être utilisée, bien que cela puisse affecter l’échange avec le sol.
La perte d’humidité n’est généralement pas un problème majeur. Les bords extérieurs peuvent sécher, mais l’intérieur reste humide. Il est possible de cultiver avec succès des plantes comme les tomates sans protection supplémentaire.
Le volume du remplissage diminue chaque année de quelques centimètres. Il convient de le réapprovisionner avec du compost mûr et de la terre. Le paillage régulier avec des résidus végétaux aide à maintenir l’humidité et libère des nutriments.
Après environ 6 ans, le matériau de remplissage est entièrement décomposé et peut être utilisé dans les plates-bandes. Dans le bac surélevé, la terre seule ne suffit plus, car le processus de décomposition s’arrête, réduisant la génération de chaleur bénéfique à la croissance des plantes.
Les apports d’engrais supplémentaires sont généralement inutiles, le compost étant suffisant. Pour ceux qui souhaitent un apport supplémentaire, une purin d’ortie et de consoude peut être dilué dans l’eau d’arrosage, mais il est recommandé d’attendre la troisième ou quatrième année, le sol étant très riche initialement.
